Le ministère de l’Éducation nationale a publié une étude pour le moins préoccupante, la moitié des élèves de 6e sont incapables de courir plus de 5 minutes (2/2/2026). Un écart qui se creuse selon « le profil social de l’établissement ». Qui a dit que la France était un pays de sportifs ?
La ferveur des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 semble si loin. Vous vous souvenez de cette époque où le sport était devenu une priorité aux yeux de nos dirigeants ?
267 000 élèves évalués dans plus de 2800 établissements
Près de deux ans plus tard, la promesse ressemble à un lointain écho. Outre les coups de tronçonneuse dans le budget du sport assénés par les gouvernements successifs et des difficultés financières de nombreuses associations sportives, une étude pointe les conséquences de ce manque d’ambition.
Menée par l’Éducation nationale, cette étude réalisée à la rentrée scolaire 2025 a mis à l’épreuve 267 000 élèves de 6e dans près d’un tiers des collèges publics et privés. Trois tests d’aptitudes physiques ont été retenus pour mesurer l’endurance, la force musculaire et la vitesse des jeunes cobayes. Ces derniers ont respectivement réalisé le test « Luc Léger » (allers et retours jusque’à épuisement entre deux lignes espacées de 20 mètres à une allure croissante de 0,5 km/h par paliers d’une minutes), le saut en longueur sans élan et un 30 mètres plat.
Endurance, musculation, vitesse… Les élèves français à la peine
Résultat ? Ce n’est pas fameux ! Dans le test d’endurance, « la proportion d’élèves qui présentent une maîtrise satisfaisante » est de… 34,2 % ! Selon l’étude, les garçons ont présenté des résultats supérieurs aux filles (46,3 % contre 21,6 %). Selon Franceinfo, « la moitié des élèves de 6e testés, soit plus de 130 000, sont incapables de courir plus de 5 minutes à 9,5 km/h minimum » et près de « 2 sur 10 s’arrêtent avant 3 minutes de course ».
C’est un peu mieux, mais pas trop non plus, pour le test de force musculaire. 1 garçon sur 2 (55,7 %) s’en sort de manière satisfaisante. Pour les filles, ce n’est que 34,8 %.
Enfin, le test de vitesse finit d’achever tous les parents sportifs. 54,8 % des élèves présentent « une maîtrise satisfaisante ». 63,3% pour les garçons, 45,9% pour les filles.
Le fossé se creuse selon la classe sociale
Et pour couronner le tout, le fossé se creuse également selon la classe sociale de l’établissement scolaire. L’étude note que « dans le secteur public hors éducation prioritaire, 33,9 % des élèves présentent une maîtrise satisfaisante » dans le test d’endurance contre 27 % en REP (réseau d’éducation prioritaire) et 22,5 % en REP+. Pour le test musculaire, la part d’élèves qui passent les tests favorablement n’est que de 39,1 % pour les établissements les moins favorisés contre 52,3 % pour les plus favorisés. Même couperet pour le test de vitesse avec 15,2 points d’écart entre les établissements les moins favorisés et les mieux lotis (46,2% contre 61,4%).
Le sport, une priorité ? Pas en France !
Qu’en déduire ? De nombreux spécialistes pointent, sans surprise, le nombre insuffisant d’heures de sport à l’école. Sur Franceinfo, le professeur et pédiatre Robert Cohen déplore des conséquences « assez catastrophiques » pour la santé des enfants. « Augmenter le sport augmente l’immunité, souligne-t-il. Le sport diminue dans le temps la fréquence d’un certain nombre de cancers. Ça permet plus facilement des acquisitions scolaires ».
Le docteur Gérald Kierzek regrette, sur France Bleu, que « l’éducation physique et sportive soit reléguée en bas des priorités en France ». Par ailleurs, l’étude met en lumière que les enfants issus des milieux défavorisés sont ceux qui souffrent le plus d’un manque d’activité physique. « L’école joue un rôle important mais il y a aussi le rôle de la famille et de la fratrie, rappelle Martine Duclos, cheffe du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand et présidente de l’observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (ONAPS). Les enfants dont les parents bougent seront des enfants qui feront le plus d’activités physiques. Donc le milieu familial et l’entourage sont vraiment importants ».
Un rappel fort utile quand on voit que les mesures gouvernementales ne brillent pas par leur efficacité. Les fameuses 30 minutes d’activité physique mises en place dans les écoles souffrent des contraintes du quotidien.









